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Newsletter MPI : Oct. 2020

CONVERSATION SUR … sur les atouts de l'industrie, l'Europe, l'avenir.




Sylvie Brunel, écrivain, géographe, professeur à Sorbonne Université



Sans les minerais industriels nous ne serions rien et le secteur, confronté à l'ignorance et aux préjugés, doit s’efforcer de le faire savoir. Les professionnels concernés expriment aujourd’hui une aspiration forte de responsabilité sociale et environnementale. Ils s’apprêtent à intégrer la foule d’innovations, donc la 5G, qui leur permettront de répondre aux grands défis environnementaux et économiques. Pour écrire cette nouvelle page d’histoire d’un secteur dont les racines remontent très loin, il faut jouer le dialogue et la réconciliation face au syndrome nimby, « pas dans mon jardin », d’où l’importance de multiplier les rencontres entre les différents acteurs.  





Catherine Delfaux, présidente de Provençal SA, présidente de IMA Europe (500 entreprises des minéraux dans 28 pays en Europe)



Tous les pays européens partagent une même problématique, du fait désormais d'une règlementation commune. Du point de vue de la pratique, la France n’est pas le pays le plus mal loti, grâce à une bonne écoute administrative à l'égard des entreprises. En revanche, on peut considérer comme une faiblesse, de notre point de vue,  la facilité avec laquelle on peut y attaquer les décisions administratives. Cela pose d’ailleurs la question de savoir comment parvenir à toucher les gens qui ne veulent pas nous entendre.





Francis Olivereau, ministère de la transition écologique et solidaire



On ressent chez les professionnels un besoin de se rassurer sur les vertus de leurs activités, en même temps qu’une aspiration à ne pas rester qu’entre soi, et à communiquer avec le monde extérieur. Il est très important de multiplier ce genre de rencontres au niveau régional. Je ne savais pas moi-même jusqu'à il y a peu, qu'il y avait des minéraux dans le papier…

S.B. - On sait peu que la France occupe le premier rang mondial dans les réfractaires silico-aluminé ou le talc. Il faut valoriser cette ressource colossale sur un territoire relativement petit, et sur une emprise limitée à 0,007% du territoire. Il y a aussi cette connaissance apportée par les carrières, fenêtres ouvertes sur l'archéologie et la paléontologie, qui préparent l’avenir, tout en nous donnant accès à notre histoire. L’évolution des modes de production et de reconversion des sites a en outre montré que l’exploitation des minéraux est compatible avec la biodiversité

F.O. - Sur la connaissance apportée par les carrières, on peut citer l’exemple de la région Centre-Val de Loire. Dans le cadre de la validation d’un inventaire géologique, et en l’absence de massifs montagneux notables dans la région, tous nos sites de référence étaient des anciennes carrières. Sur la biodiversité, l’industrie des minéraux a cette possibilité de réhabiliter les sites, donc de faire du génie écologique. L’important est de toujours comparer la trajectoire écologique des écosystèmes, ce qu'il y avait avant et ce qu'il y aura après.

C.D. - Lorsque nous ouvrons nos sites, on constate que le public est toujours fasciné par nos activités. C'est une manière de se faire connaître très positive et très efficace. Pour améliorer le dialogue, notre problématique tient au décalage de l'échelle du temps. Une carrière, après son exploitation, peut devenir un endroit magnifique. Le problème concerne la période d'activité. C'est le temps où se pose la question de l'acceptabilité pour l'entourage. Pendant ce temps d’exploitation, il y a une cohabitation effective et harmonieuse avec des animaux, mais les voisins, eux peuvent subir des nuisances. L'avenir à long terme de la carrière leur importe peu, les difficultés qu'ils expriment concernent le présent et il faut en tenir compte. Y-a-t-il une géographie de l'acceptabilité ? Dans les zones peu peuplées, avec peu d'emplois, son niveau est plus élevé, car il y a un apport direct et évident de nos activités au territoire. Plus le pays est avancé et peuplé, moins l’acceptabilité sera effective, et plus les opposants utiliseront des recours pour bloquer les projets.

F.O. - Cela pose la question du « fixisme ». Souvent on se donne pour objectif de conserver exactement les résultats de l'étude d'impact. L’objectif prioritaire peut-être de conserver un couple de mésanges charbonnières, et dans ce cas on ne peut plus rien modifier. Alors que ce qui est souhaitable, c’est d’entretenir un écosystème fonctionnel dans sa trajectoire écologique et dans son milieu environnant. La loi actuelle, avec le système des espèces protégées est relativement « fixiste ». La nature, elle, ne l'est pas et ce n'est pas parce l'on ne touche à rien que la situation n'évoluera pas. La nature aime bien les épreuves qui stimulent sa biodiversité. Il y a plus d'espèces sur terre que dans les océans pour cette raison : les conditions à la surface de la terre sont très hétérogènes, alors que les océans forment un milieu très homogène.

S.B. - Le statu quo n’est pas la panacée, on peut le constater dans d’autres domaines de l’aménagement des territoires. Il y a l’exemple des retenues d’eau artificielles. Dans les années soixante, on a pu faire de grandes réalisations dont on apprécie les qualités aujourd’hui : lac de Salagou, lac de Serre Ponçon, lac du  Der, connu comme la « mer champenoise »,  grand site touristique et réservoir majeur de biodiversité. Or, tout cela ne serait pas réitérable aujourd'hui parce que s’est imposée cette vision que ce qui existe aujourd'hui serait un optimum et qu'il ne faut donc rien changer. Partout sur la terre, en Inde, en Chine, où se concentre 20 % de la population mondiale, se pose la question de la gestion intelligente des ressources. Or celles-ci ne sont pas un stock, mais un flux. C'est notre niveau technologique qui détermine notre capacité à les valoriser ou non. Une ressource est toujours virtuelle tant que l'on ne maîtrise pas cette technologie. Il s’agit de dépasser cette idée selon laquelle nous serions lancés dans une course sans fin entre la population et les ressources, qui ne pourrait déboucher que sur l'épuisement de ces ressources. Nous savons que nous ne serons jamais plus de 11 milliards d’être humains sur terre. Il est important de recréer une confiance collective dans une humanité non pas destructrice, mais créatrice

C.D.Les minéraux industriels sont à la base de nombreuses autres industries, présents dans toutes sortes de productions, du PVC au papier qui intègre 50% de charge minérale. Et les industriels utilisateurs ne peuvent se développer dans les territoires que parce que ces matières premières sont présentes à proximité. Le fait de détruire cette base entrainerait la disparition de toute une chaîne de valeur. Pour une personne employée dans les minéraux, cinquante autres le sont dans les industries utilisatrices.





Rémi Galin, ministère de la Transition écologique et solidaire



L’état a un rôle de vigie, lorsqu’il s’agit par exemple d’identifier les gisements d’intérêt national et de protéger la ressource. Les dispositions des zones spéciales de carrières (Z109) sont utiles lorsqu’elle sont prises. Il faut ensuite s’en servir pour porter des projets car « les outils s'usent si l'on ne s'en sert pas. » L’état accompagne donc, mais ne peut pas tout pour autant. Les professionnels sont attendus sur les projets d’exploitation, sur la prise en compte des enjeux technologiques et écologiques, sur l’ouverture d’un dialogue vertueux avec les territoires.

C.D. - Dans la vision actuelle du développement durable, le maître mot est devenu l'économie circulaire. Dans notre cas particulier, il faut interpréter ce que peut être la circularité, car seuls certains minéraux sont recyclables à l'infini. Il faut donc faire comprendre aux acteurs de l’industrie et à l’extérieur que l'économie circulaire n'est pas forcément un recyclage à l'identique, mais qu’elle peut prendre la forme d’une gestion raisonnée des gisements et en fin de compte d’une chaîne de production organisée en boucle, ou plus précisément en spirale propice à l'optimisation de l'utilisation de la ressource.







Lieu de l’évènement  

 
Ministère de la Transition
écologique et solidaire,
Tour Séquoïa (Auditorium)



Tour Sequoïa,
1 Place Carpeaux,
92800 Puteaux

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Entrée et accueil de visiteurs
(à la sortie du CNIT, près du Pouce de César)


Accès en transport en commun
http://www.ladefense.fr/fr/sous-home/plans-et-acces

Accès en voiture
http://www.ladefense.fr/fr/se-reperer/voiture











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