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Newsletter MPI : Oct. 2020

Regards croisés...
…sur les rapports que les hommes entretiennent avec les milieux naturels.




Frédéric Simien, géomchimiste, Responsable des éditions du BRGM



Frédéric Simien, géochimiste, Responsable des Éditions du Bureau de recherche géologique et minière à Orléans (BRGM), estime que la connaissance des sous-sols a une grande valeur et gagne à être centralisée, ce qui est la fonction du BRGM, car différents types d’acteurs sont susceptibles de la faire fructifier.

« La géologie est partout et surtout là où on ne l'attend pas »


La géologie est partout, et surtout là où on ne l'attend pas. Prenons le sel. Dans l’imaginaire collectif, il est réduit aux usages de la table. Dans la pratique, ses applications sont beaucoup plus étendues. On l’utilise pour produire de l’acide chlorhydrique, de la javelle, de la soude, qui entre dans le processus de production de l’alumine, du verre, des savons. On ignore aussi très largement que le PVC, la troisième matière plastique la plus utilisée au monde, présente un peu partout, de la carte de crédit au simili cuir, en passant par les équipements médicaux et l’automobile, est composée de sel et d'hydrocarbures.


Fortes demandes
Au passage, il y a des améliorations à rechercher pour l’avenir. Le monde fabrique annuellement 42 millions de tonnes de PVC, dont 1,2 millions de tonnes en France, où on le produit avec du pétrole raffiné en éthylène, plutôt qu’avec du charbon comme en Chine. C’est une production qui consomme donc beaucoup d’énergie et de matières premières, par exemple 700 000 tonnes de chlore en France. Or, c’est un domaine où le recyclage est encore très limité (100 000 tonnes environ) tandis que la combustion du PVC relâche la moitié des émissions de chlore des incinérateurs en France. Pour répondre aux besoins de cette production, il faut donc beaucoup de sel, que l’on ne va pas pouvoir se contenter d’aller chercher uniquement dans les marais salants. Le sel avec lequel on fait le PVC vient d'un site proche du village de Vauvert. On va le chercher à 2 500 mètres de profondeur.

« Pour répondre aux besoins de cette production, il faut donc beaucoup de sel.»



La valeur de la connaissance du sous-sol
Au passage, il faut signaler un phénomène intéressant de synergies entre différents types de recherches et d’activités. En l’occurrence,  ce sel situé à 2 500 m de profondeur, on l'a trouvé en cherchant du pétrole au départ. Seulement 5 000 tonnes d’hydrocarbures ont été extraits et la véritable richesse du site s’est révélée être le sel. Au passage, on a récolté des données sur les températures du sous-sol, qui nous serviront dans une perspective de valorisation géothermique du site après l’exploitation du sel. Donc la connaissance des sous-sols a une grande valeur et gagne à être centralisée, ce qui est la fonction du BRGM, car différents types d’acteurs sont susceptibles de la faire fructifier.

« Ce sel situé à 2 500 m de profondeur, on l'a trouvé  en cherchant du pétrole au départ.»



Paradoxes
Nous sommes aussi confrontés à certains paradoxes sur les relations entre les interventions humaines dans les milieux naturels et l’évolution de ces milieux. Par exemple, la Camargue profondément transformée par l’homme s’est imposée comme une immense réserve pour les flamants roses. On constate aujourd’hui que la disparition de certains secteurs où l’on produisait du sel a largement contribué au déplacement de ces populations d’oiseaux vers d’autres sites de production de sel comme à Aigues-Mortes.

« La Camargue profondément transformée par l’homme s’est imposée comme une immense réserve pour les flamants roses. »





Johan Yans, docteur en sciences de la terre, géologue, professeur à l’université de Namur et maître de conférence à l’université libre de Bruxelles et à l’université de Liège



Johan Yans, docteur en science de la terre, Géologue, professeur à l'Université de Namur, Maître de conférence à l'université libre de Bruxelles et à l'université de Liège considère que la problématique qu’affrontent les activités d’extraction est géologique, technologique, mais surtout sociologique.

« La problématique qu’affrontent les activités d’extraction est bien sûr géologique, technologique, mais surtout sociologique. »


En Wallonie, avec 211 habitants au kilomètre carré et plus de 150 sites inscrits sur une superficie de 16 844 kilomètres carrés, vous êtes susceptible de découvrir sur une mine ou une carrière dès que vous vous déplacez de 10 kilomètres.

« En Wallonie, vous êtes susceptible de tomber sur une mine ou sur une carrière tous les 10 kilomètres. »


Tout naturellement, ces activités sont inscrites au coeur même du territoire dans leur environnement forestier, agricole, aquifère et d’habitation. Et, forcément, le syndrome Nimby, « pas dans mon jardin », est présent. La problématique qu’affrontent les activités d’extraction est géologique, technologique, mais surtout sociologique.


Complexité du dialogue
L’une des difficultés du dialogue s’explique par la complexité de toutes ces étapes du processus de production dont le citoyen n'a pas connaissance. On sait que la silice donne le verre, mais l’on ignore toute la série d’opérations intermédiaires. Cette complexité est l'un des aspects difficiles du dialogue. Le citoyen en conclut souvent que ces cailloux ne servent à rien dans son quotidien.

« La demande de minéraux ne va pas s’assécher. »


Parallèlement, Il y a cette illusion de croire que tout sera résolu lorsque l’on aura arrêté les combustibles fossiles. Or, la demande de minéraux ne va pas s’assécher pour autant, bien au contraire, comme le montre par exemple les matériaux utilisés dans les panneaux solaires ou plusieurs produits high-tech.


Lieux communs
Il est nécessaire aujourd’hui de traduire cela dans le dialogue. Pour que celui-ci s’engage de manière constructive, il y a un certain nombre de lieux communs à dépasser. Dans l’imaginaire de la plupart des gens, mines et carrières restent associées à des images négatives -de Zola au grand capital, en passant par les nuisances liées à l’exploitation - ou anxiogènes, lorsque surgissent les thèmes de l’accès à la ressource, des pénuries en perspective, pour les terres rares par exemple, et des tensions géopolitiques associées. Le problème doit donc avant tout être abordé sous l’angle sociologique.

« Mines et carrières restent associées à des images négatives. »







Lieu de l’évènement  

 
Ministère de la Transition
écologique et solidaire,
Tour Séquoïa (Auditorium)



Tour Sequoïa,
1 Place Carpeaux,
92800 Puteaux

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Entrée et accueil de visiteurs
(à la sortie du CNIT, près du Pouce de César)


Accès en transport en commun
http://www.ladefense.fr/fr/sous-home/plans-et-acces

Accès en voiture
http://www.ladefense.fr/fr/se-reperer/voiture











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Laurence Patourel

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