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Newsletter MPI : Oct. 2020

Vue sur les métiers



Profession géologue, Jean-Michel Négroni, expert minier au sein du groupe Imerys



« un acteur d'abord animé par  la passion de la nature »


Le géologue est un naturaliste, d’abord animé par la passion de la nature, de ses paysages, des forces internes et externes qui les façonnent. Quel rôle peut-il jouer dans la société,  à travers l’activité consistant à extraire des minéraux industriels des sous-sols ? Le premier découle de sa connaissance de la terre, jusqu’à la constitution des matériaux de l’écorce terrestre, d'où l'homme tire toutes les substances nécessaires à l'amélioration de son cadre de vie. On les classe en quatre familles : l'énergie, sous toutes ses formes terrestres, les métaux, ferreux ou non, les minéraux industriels et les matériaux de construction.

Le géologue est aussi un acteur économique incontournable lorsqu'il s'agit de prospecter les ressources minérales, d'identifier leurs gisements, et surtout de garantir les conditions optimales de leur mise en exploitation. Cette fonction est d’autant plus stratégique, qu’il y a nécessité absolue aujourd'hui de valoriser au mieux ces ressources minérales, dont l'exploitation relève encore majoritairement de l'économie de cueillette. Les activités extractives s’inscrivent dans les territoires, au cœur de la nature et en contact plus ou moins proche avec les populations. Pour cela, les responsabilités du géologue sont à la fois environnementales et sociétales.



Profession directeur de site, Sébastien Jallon, directeur de site, Sibelco group



« Il faut être curieux, prêt à aborder tous les sujets dans une même journée.»


Le directeur doit coordonner une grande diversité de fonctions, et donc être en mesure d’intégrer un peu des compétences de chacun des salariés. Notre  mission : extraire du sable industriel de nos carrières et le traiter, dans une usine de transformation, pour le rendre utilisable dans différentes applications. Cela représente trois carrières, une usine, et vingt sept  personnes de tous les âges, exerçant toute une palette de métiers. La qualité, la sécurité et  l’environnement occupent un poste. En carrière, nous avons besoin d’un conducteur de chargeuse et d’un conducteur polyvalent, en usine de conducteurs d’installations, chargés de faire fonctionner l’outil de production. Pour le chargement et le transport, d’autres métiers sont requis, tels que le conducteur de locomotive, l’opérateur de production responsable du chargement des camions ou des wagons. Ailleurs, mécanicien et électricien automaticien assurent la maintenance. Et bien sûr, il y a la supervision exercée par un responsable de production, un responsable de maintenance et un chef de carrière. Le directeur de site, pivot de l'équipe, est le professionnel polyvalent qui doit être capable de comprendre et de coordonner les problématiques de chacun. Il faut être curieux, prêt à aborder tous les sujets dans une même journée, de l’automatisation à la météorologie d’un site en passant par la sécurité, et avoir envie de travailler en équipe.





Profession directeur d’usine et responsable environnemen, Guilhem Padox, groupe St Hilaire Industries



« la production de chaux consiste à cuire du calcaire, mais de manière très élaborée »


La chaux est un produit très ancien puisque l’on trouve du mortier à la chaux dans les pyramides. Longtemps, le secteur est resté artisanal. Jusqu’à la révolution industrielle qui a complètement changé la donne, avec l'essor de la métallurgie, grande consommatrice de chaux. Pour une tonne d'acier il faut 50 kilos de chaux, absolument indispensable dans le processus de fabrication.


Pour obtenir de la chaux, il faut amener du calcaire à une certaine température. Cela ressemble à cuisine simple, mais derrière il y a de la chimie -on transforme du carbonate de calcium en oxyde de calcium - et la nécessité d’un apport d’énergie important. Cela aussi a contribué à faire évoluer nos activités. Depuis les chocs pétroliers, l’industrie s’est transformée pour rechercher des économies, avec des fours dont l'efficacité énergétique atteint désormais 80 à 85 %. Aujourd’hui la production de chaux consiste à cuire du calcaire, mais de manière très élaborée, adaptée aux multiples demandes spécifiques des clients.




Profession directeur des opérations
Benjamin Dubar, groupe Lhoist France



« l'avenir : la transformation de notre industrie, la réflexion sur notre empreinte environnementale. »


L’une des caractéristiques les plus attractives du secteur des minéraux, c’est la nécessité de travailler sur des visions de très long terme, la décennie, parfois le siècle. C’est tout à fait particulier à cette industrie. Notre quotidien : l'humain et l’animation des équipes avec, en l’occurrence, la mission de coordonner un réseau de 18 usines. Cela implique de travailler l'opérationnel au jour le jour, en particulier la sécurité, l'environnement, mais aussi de préparer constamment l'avenir : la transformation de notre industrie, la réflexion sur notre empreinte environnementale, sur la manière de faire évoluer nos combustibles, d’utiliser les énergies renouvelables. Nous ne sommes pas en train de supprimer des ressources, bien au contraire. Nous sommes en présence de multiples projets d'avenir, tous à même de casser les images négatives dont souffrent parfois nos activités.




Profession bureau d’étude, Emilie Prin, directrice d'Encem, bureau d'étude pour l'industrie extractive



« Les contraintes se sont considérablement alourdies. »


Notre rôle est d’abord d’accompagner les carriers dans l’élaboration du projet qu’ils vont présenter à l’administration. En ce domaine, les contraintes se sont considérablement alourdies, de quelques formulaires à remplir jusqu’aux années quatre vingt, à un dossier très imposant aujourd’hui. Entretemps donc, c’est toute une évolution règlementaire qui s’est produite, nous amenant à développer de multiples compétences, déclinées dans les 12 000 études déjà réalisées par Encem. Depuis 1976, et les lois de protection de la nature, jusqu'au code de l'environnement très fouillé d'aujourd'hui, nous sommes passés d’un bureau composé de géologues géographes à des équipes multi-métiers, intégrant écologues, paysagistes, acousticiens, géomaticiens, économistes. C’est un environnement qui contribue à faire de notre profession un métier très riche. Et incontournable : face à la complexité, le bureau d’étude est devenu le premier maillon de la chaîne qui conduit jusqu’à l’autorisation administrative, l’arrêté préfectoral nécessaire à l’activité extractive.




Profession écologue 1
Julien Viglione, président d'Ecomed



« Les métiers d’extraction ne sont pas synonymes de destruction »


Avec ses convictions, l’écologue conseille ses clients sur la meilleure manière de maîtriser leurs impacts sur les écosystèmes et les « anthropo-systèmes » au sein desquels ils s'implantent. C'est un métier où il faut accepter de se dédoubler pour comprendre plusieurs points de vue à la fois.

Notre profession, structurée au sein de l’ UPGE, l’ union professionnelle des bureaux  d'étude en écologie, a été la première à aborder la question des impacts des miniers et des carriers. Il a existé, pendant longtemps, une méfiance réciproque. Aujourd’hui il y a une véritable coopération pour trouver des solutions communes. On reste dans le champ de l'acceptabilité scientifique et de la recevabilité administrative, mais derrière s’est développé un véritable respect mutuel et la recherche constante du progrès.  

Il s’agit de sortir des visions préconçues. Les métiers d’extraction ne sont pas synonymes de destruction. Par contre, cela reste une tâche sensible que d'entrer dans un territoire pour en exploiter des minéraux, et il faut l’aborder comme telle.





Profession écologue 2 , Francis Olivereau, ministère de la Transition écologique et solidaire



« En écartant toute intervention,
on se prive aussi de possibles améliorations.»


L’homme est un acteur clé sur la planète, et son rôle y est souvent positif.  En France, bien des milieux que l’on admire aujourd’hui ont été créés par nos ancêtres. Si leur transformation n’avait pas été menée dans un lointain passé, on s’interdirait probablement toute modification aujourd’hui. Or, en écartant toute intervention, on se prive aussi de possibles améliorations et restaurations.

Avec une connaissance fine des textes de lois actuels, on pourrait presque tout attaquer et faire beaucoup d'argent dans des contentieux interminables, mais très contre-productifs pour la biodiversité comme pour l’Homme. Le prix Nobel d’ économie Hayek mentionnait déjà ce problème dans les années soixante- dix : le « constructivisme juridique », le risque de faire des lois plus ou moins inapplicables et qui bloquent les échanges. Ma vision personnelle de l'écologie repose non pas sur plus de contraintes, mais sur plus d'échanges.

Il y a cette idée à défendre que ni la nature, en général, ni l'humain, en particulier, ne peuvent se mettre en boîte. Même si notre époque admire les indicateurs millimétrés, et les procédures qui, à défaut d'être impeccables, sont parfois implacables, cela ne fonctionne ni avec l'humain ni avec la nature. Il n’y a pas de choix simple et définitif : si l’on privilégie par exemple le Guêpier sur un site, ce sera au détriment de la libellule qu’il consommera. De même, la loi appliquée à la lettre peut amener à donner la priorité absolue à une espèce protégée en mettant en péril d’autres espèces fragiles, mais sans poids juridique.

L’écologue doit évoluer non pas dans le domaine des certitudes, mais dans celui de l'amour de la science et d'une vision holistique, y compris philosophique, de son sujet d’étude.






Lieu de l’évènement  

 
Ministère de la Transition
écologique et solidaire,
Tour Séquoïa (Auditorium)



Tour Sequoïa,
1 Place Carpeaux,
92800 Puteaux

︎google map




Entrée et accueil de visiteurs
(à la sortie du CNIT, près du Pouce de César)


Accès en transport en commun
http://www.ladefense.fr/fr/sous-home/plans-et-acces

Accès en voiture
http://www.ladefense.fr/fr/se-reperer/voiture











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Laurence Patourel

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